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Entretien avec le Pr Dominique Le Guludec, présidente de la HAS

publiée le 30 novembre 2020

Entretien 

Alors que la Haute Autorité de Santé vient d’annoncer ses recommandations en matière de stratégie vaccinale anti-Covid, rencontre avec sa présidente, le Pr Le Guludec.

La Médicale : Qu’est-ce que la HAS ? Quels sont ses champs de compétence ?

Pr Le Guludec : La HAS est une autorité publique indépendante, à caractère scientifique. C’est-à-dire que nous nous appuyons au maximum sur la science et la littérature professionnelle pour donner les avis que nous publions. L’autre caractéristique de la HAS, c’est son champ d’intervention qui est extrêmement vaste, et avant tout transversal. Ce qui nous permet d’appréhender le système de santé dans sa globalité. Ce champ va de l’évaluation des médicaments, des dispositifs médicaux au remboursement des actes des professionnels de santé. Nous émettons également des recommandations liées aux bonnes pratiques professionnelles, à la santé publique et à la pertinence du parcours de soins. 
Le troisième axe, concerne la mesure de l’amélioration de la qualité dans les établissements de santé et dans les établissements sociaux et médico-sociaux.


Comment travaillez-vous ?

Pr Le Guludec : Le maître mot chez nous c’est : « nous ne faisons rien seuls ». Nous construisons tout ce que nous faisons avec les professionnels de santé et des secteurs social et médico-social et les usagers du système de soins. La HAS n’invente rien, seule dans son coin. Ce n’est pas une entité technocratique qui décrète d’en haut. Elle met tous les acteurs autour de la table pour avancer. 

Ce qui explique votre mode de fonctionnement ?

Pr Le Guludec : Nous avons un Collège de la Haute Autorité de Santé qui est responsable des orientations stratégiques, de la programmation et de la mise en œuvre des missions qui sont assignées par le législateur. C’est l’instance délibérante de la maison, qui est également garante de la rigueur scientifique et de l’impartialité de nos productions. 
Pour rendre ses avis, le Collège s’appuie sur des commissions spécialisées. Elles sont au nombre de huit. Nous avons aussi créé une commission, assez nouvelle dans l’esprit, qui s’intéresse à l’étude de l’impact de nos recommandations. Et récemment mis en place un conseil très transversal : le conseil de l’engagement des usagers. Il a pour finalité d’accroître la participation des usagers dans le système de santé. Ce qui fait notre légitimité c’est d’avoir des méthodes de travail et de production totalement transparentes. 


Dans votre « Projet stratégique 2019-2024 », vous souhaitez développer plusieurs priorités pour accompagner l’évolution de notre système de santé...

Pr Le Guludec :  Nous sommes aujourd’hui dans un contexte d’innovation d’une richesse incroyable, que ce soit en termes de produits de santé, avec l’apparition de nouveaux médicaments et de nouvelles techniques, ou en termes de modes organisationnels. Ces enjeux, nous les avons traduits en 6 priorités qui sont consultables sur notre site Internet. Il nous faut nous approprier ces évolutions, les évaluer, et faire des choix pour pouvoir les déployer au mieux. Comme, par exemple, pour le numérique en santé qui sera de plus en plus prégnant. 


A ce propos, votre rapport d’analyse prospective traite de la révolution du numérique et de la manière d’en faire un outil au service de la qualité des pratiques professionnelles…

Pr Le Guludec : On voit à quel point, en quelques mois, avec la crise de la Covid, les choses ont bougé en la matière. Je pense que les Français, patients comme professionnels de santé, y sont prêts. Mais il ne suffit pas que les acteurs soient prêts. Il faut que tous les outils suivent. Il y a des priorités aujourd’hui qui nous semblent porter sur l’équipement de tous les Français et de toutes les structures, particulièrement les structures sociales et médico-sociales qui ont un retard à rattraper en matière d’équipement numérique adapté. J’insiste également sur la nécessaire interopérabilité de tous les logiciels que l’on met en place si l’on veut vraiment s’en servir de manière utile et efficace. 

Une proposition de la HAS, « de nouveaux choix pour soigner mieux », vous tient particulièrement à cœur…

Pr Le Guludec : La demande en santé de la société va continuer à croître :  augmentation des maladies chroniques, innovations technologiques… Cette réalité va nous obliger à faire des choix importants pour continuer à garantir une égalité d’accès aux soins pour tous, tout en gardant à l’esprit la nécessité d’améliorer les conditions d’exercice des professionnels de santé. Les changements qui s’annoncent sont radicaux. Il faut impliquer la population dans la priorisation des choix en matière de santé et en termes d’allocation des ressources, puisque c’est la collectivité qui finance entièrement notre système de soins.

A la manière de la Conférence Citoyenne pour le Climat ?

Pr Le Guludec : Pourquoi pas. Je crois que le débat public est un outil particulièrement adapté aux choix publics en santé. 



Crédit photo : HAS
Propos recueillis par François Petty


Facebook interdit la publicité anti-vaccin

publiée le 23 novembre 2020

Mark Zuckerberg a décidé mi-octobre d’interdire la publication de publicités incitant à ne pas se vacciner. Cela concerne des réseaux sociaux très populaires comme Facebook et Instagram, ainsi que les messageries WhatsApp et Messenger. Cette décision aura-t-elle un impact sur l’acceptation d’un futur vaccin anti-Covid ?

Il s’agit d’un pas en avant, car jusqu’à présent, seules les fausses informations sur les vaccins étaient retirées. Avec néanmoins un bémol, puisqu’il fallait pour cela attendre une vérification par des autorités compétentes, comme l’OMS. De nombreuses publicités nocives passaient ainsi à travers les mailles du filet.

Deux associations très actives

Des chercheurs américains ont montré qu’avec un budget de 499$, un message antivax pouvait toucher jusqu’à 50.000 personnes. Grâce aux algorithmes, ces publicités visaient principalement les parents de jeunes enfants. Elles étaient conçues pour bousculer les indécis. 

Deux petites associations antivax sont particulièrement virulentes :  
  • Children's Health Defense (ex-World Mercury Project) de Robert F. Kennedy Jr (189.000 followers sur Twitter). 
  • Et Stop Mandatory Vaccination (200.000 fans sur Facebook), de l’activiste Larry Cook. 
Ces organisations mettent en avant certains ingrédients, entrant dans la composition du vaccin, comme l’aluminium, censés provoquer des maladies comme l’autisme.

Mais leurs attaques balayent un spectre plus large. Elles dénoncent aussi selon les cas la fluorisation de l’eau ou encore la 5G. 

Et, elles accusent de conflits d’intérêt les promoteurs de la vaccination comme Bill Gates.

Un bon timing

La volte-face de Facebook vient à point nommé face au risque tant redouté d’une superposition de la grippe saisonnière et de la pandémie de Covid-19. 
Concrètement, un utilisateur Français de Facebook qui fait une requête sur le mot « vaccin » reçoit désormais cette réponse.



Néanmoins, Facebook n’a pas poussé la logique jusqu’au bout car :  
  • Les membres du réseau social peuvent continuer à échanger des posts anti-vaccins avec d’autres membres. 
  • Et, les publicités à caractère de politique publique qui « s’opposent à la législation ou aux politiques gouvernementales en matière de vaccins » restent autorisées.

Le vaccin anti-Covid déjà critiqué

L’épidémie de Covid-19 a aussi nourri des thèses complotistes, comme la rumeur d’un projet d’implantation de puces RFID à l’insu des patients sous prétexte de vaccination. 

Selon les enquêtes du Pew Research Center, seuls 51% des Américains se disent prêts à se vacciner contre le Covid-19, si cela était possible aujourd’hui. Ce chiffre a chuté de 21 points de mai à septembre. Les trois quarts des Américains pensent d’ailleurs qu’un vaccin contre le coronavirus sera mis sur le marché de manière précipitée.

Néanmoins, un sondage réalisé fin octobre par STAT et The Harris Poll a mis l’accent sur les avantages associés au vaccin anti-Covid. Il obtient donc un taux d’adhésion supérieur à d’autres enquêtes d’opinion.
  • Les deux-tiers des Américains seraient prêts à se vacciner si le risque de contracter le coronavirus baisse de 75%. 
  • Et même 60% de la population se ferait aussi vacciner, si le risque chute de moitié.  
Ceci est plutôt de bon augure, puisque le vaccin développé conjointement par Pfizer et BioNTech, et annoncé le 9 novembre, serait efficace à 90%. Cette nouvelle a été réalisée après les élections américaines, au grand dam de Donald Trump, qui l’espérait plus tôt.

En France, il existe une forte résistance à toute forme de vaccination. D’après un sondage réalisé le 10 et 11 novembre réalisé par Odoxa pour France Info, seul un Français sur deux se dit prêt à se faire vacciner contre le Covid-19. Les réponses varient avec l’âge : 34% chez les moins de 25 ans contre 58 % chez les 65 ans et plus. Enfin, 60% des Français déclarent être contre l'obligation de se faire vacciner.

Lettres-types et fiches d’information à disposition

publiée le 20 novembre 2020

Notre service Protection Juridique met à votre disposition des fiches d'information et des lettres-types dans plusieurs domaines pour simplifier et fiabiliser vos propres démarches en cas de litige.
  • Automobile
  • Banque 
  • Consommation
  • Habitation/immobilier
  • Justice
  • Voyage

Retrouvez-les dans notre rubrique assistance en cliquant ici.

« Début 2021, nous organiserons une journée des professionnels de santé »

publiée le 16 novembre 2020

Entretien 

Alors que l'Agence du numérique en santé fêtera bientôt sa première année d'existence, son président détaille le fonctionnement et les travaux de cette entité qui a succédé à l'ASIP-Santé.

La Médicale : Quels sont vos domaines d’intervention et vos champs de compétence ? 

Dr Jacques Lucas : Ils sont sensiblement les mêmes que ceux de l’ASIP-Santé* qui était la structure qui précédait l’Agence du numérique en santé. La différence réside dans le fait que le pilotage de l’Agence, qui est toujours un GIP réunissant l’État, la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (Cnsa), est effectué directement par la Délégation ministérielle du numérique en santé.


Et la Direction Générale de l’Offre de Soins ? 

Dr Jacques Lucas : La DGOS garde, bien sûr, ses compétences territoriales. Les moyens numériques en définitive ne viennent qu’en appui des actions de la DGOS, qui est elle-même sous l’autorité du ministre. Quant à la Cnam, elle s’est vue déléguer en matière de numérique en santé, le déploiement du DMP et la prescription électronique.
L’Agence du numérique en santé est une agence exécutive des décisions prises. Par exemple, nous portons les outils numériques nécessaires à l’identifiant national de santé.
Idem pour le développement de la prescription électronique et la dématérialisation de la carte de professionnel de santé. Voici pour le panorama d’ensemble. Il n’y a pas un grand chef du numérique, mais un écosystème avec un pilotage national qui définit une stratégie.

Cette stratégie, quelle est-elle ?

Dr Jacques Lucas : La stratégie qui a été décidée est que l’Etat ne pouvait être à la fois opérateur et stratège. Il fallait laisser aux acteurs libéraux de terrain du monde libéral, (professionnels de santé, éditeurs de logiciels, start-ups, industriels, établissements hospitaliers… ), la liberté d’entreprendre, ce qui est fondamental. Mais dans le respect de référentiels nationaux techniques et éthiques qui, eux, relèvent de l’autorité de l’Etat.


Avec la volonté affichée de parvenir à une interopérabilité de ces différents systèmes numériques ? 

Dr Jacques Lucas C’est tout à fait cela. Parce qu’on avait vu émerger au fil des années passées un certain nombre de projets où chacun dans son coin se mettait à réinventer la roue. Je force un peu le trait, certes, mais désormais les référentiels que nous mettons sur pied ont pour objectif de permettre une mutualisation de la recherche afin que l’utilisateur final - un établissement, un professionnel de santé, ou un patient - ait, quel que soit l’outil qu’il choisisse, un outil validé par l’autorité régalienne de l’Etat qui a défini les règles du jeu.


En un an d’existence, sur quoi avez-vous travaillé ? 

Dr Jacques Lucas : Beaucoup sur ces sujets d’interopérabilité. Nous avons ainsi créé l’outil « Convergence », qui permet aux industriels de vérifier que les systèmes qu’ils proposent sont conformes à la doctrine du numérique que nous avons élaborée avec la Délégation du numérique en santé. Elle est en ligne sur le site de l’Agence.
Nous avons aussi travaillé sur la dématérialisation de la Carte des Professionnels de santé, avec Pro Santé Connect, en veillant à la protection des données de santé.
Enfin, nous avons organisé beaucoup de colloques et de séminaires pour lier le niveau national au régional dans notre volonté de faire avancer la e-santé. Et début de l’année prochaine, nous comptons organiser une journée des professionnels de santé. L’objectif étant de recueillir leur sentiment et leur analyse critique sur les travaux que nous menons depuis un an.


L’Agence des Systèmes d’Information Partagée de Santé avait été créée en juillet 2009. Elle était chargée de définir des référentiels, de relancer le DMP et de faciliter l’émergence de la télémédecine.

Crédit photo : ANS 


Pratique des TROD en officine

publiée le 05 novembre 2020

La pratique de tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) est possible pour les pharmaciens libéraux.

L’exercice de cette activité est couverte dès lors que vous respectez les préconisations règlementaires sanitaires disponibles ici.

Quelques rappels :

  • Qui peut pratiquer ces tests ? Dans le cadre d’un dépistage individuel, seul le pharmacien est autorisé à pratiquer ces tests. Dans le cas d’un dépistage à large échelle autorisé par le préfet, les préparateurs et les étudiants ayant validés leur première année en pharmacie peuvent également pratiquer ces tests, sous le contrôle d’un pharmacien. Une formation est nécessaire mais les professionnels ayant bénéficié dans le cadre de leur formation initiale d'une formation théorique et pratique à l'utilisation de tests similaires sont réputés avoir suivi cette formation test.

  • Où pratiquer ces tests ? En officine ou bien hors du local professionnel avec autorisation du préfet. Si ces tests sont réalisés sur le domaine public, une autorisation d’occupation temporaire du domaine public est nécessaire.

  • NB :  La couverture du contrat Pharmaglobale est étendue à ces lieux de tests. Nous vous recommandons cependant de prendre et de mettre en œuvre toutes les mesures contre le vol concernant les installations et tout le matériel se trouvant hors du local déclaré au contrat. Il en est de même pour les installations « légères » (type barnum) en cas d’événement climatique faisant l’objet d’une alerte météorologique.

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