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Vaccination antigrippale : priorité aux personnes à risque

publiée le 20 octobre 2020

Vacciner en priorité les personnes les plus fragiles, différer la vaccination du reste de la population.

Cette année, la Haute Autorité de santé (HAS) a insisté sur la nécessité de vacciner prioritairement les personnes qui risquent de développer des formes graves de la grippe. Pendant les premières semaines de la campagne de vaccination qui a débuté il y a quelques jours en France métropolitaine, le Ministère de la santé appelle donc les professionnels de santé à vacciner en priorité :
  • Les personnes de 65 ans et plus ;
  • Les personnes (adultes et enfants) qui souffrent de pathologies chroniques (insuffisance respiratoire, insuffisance cardiaque, diabète, insuffisance rénale, asthme, bronchopneumopathie obstructive…) ;
  • Les personnes obèses (avec un IMC égal ou supérieur à 40) ;
  • Les femmes enceintes ;
  • L’entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque de complication grave de la grippe et des personnes immunodéprimées.
Concrètement, les personnes qui ne présentent pas de risque particulier sont invitées à différer leur vaccination à partir de début décembre. Car l’approvisionnement en vaccin sera étalé dans le temps, et le stock de doses ne sera pas extensible.

15 millions de doses

L’objectif est d’approcher les 75% de couverture vaccinale chez les personnes ciblées par les recommandations de vaccination antigrippale, comme le préconise l’OMS. L’année dernière, le taux de couverture était de 52 % chez les plus de 65 ans mais de 30 % seulement pour les personnes à risque ayant moins de 65 ans.

15 millions de doses de vaccins devraient être disponibles, soit 30% de plus que le nombre de doses consommées lors de la campagne 2019-2020.
Pour la première fois, un stock d’État a été constitué. L’enjeu est de sécuriser l’approvisionnement des officines pendant toute la durée de la campagne de vaccination, jusqu’au 31 janvier 2021.


Les professionnels de santé en première ligne

La vaccination est recommandée pour les médecins généralistes, les infirmiers, les sages-femmes, les pharmaciens, les professionnels travaillant en Ehpad, dont les aides-soignants, ainsi que tous les professionnels qui sont en contact régulier et prolongé avec des personnes à risque de grippe sévère dans les établissements médico-sociaux et de santé. L’objectif est double : se protéger eux-mêmes afin d’assurer leur activité de soin et protéger leurs patients, en particulier les personnes les plus fragiles.

Les professionnels de santé jouent également un rôle essentiel d’information et de sensibilisation de leurs patients. Il importe cette année d’encourager au respect des gestes barrière de la Covid-19 car ils permettent de prévenir également la propagation du virus de la grippe.

Comment les pays africains ont géré la crise du Coronavirus

publiée le 20 juillet 2020

Le continent africain a jusqu’ici été relativement épargné par le Covid-19. Cela tient à la fois à des raisons structurelles, comme les modes de vie, mais aussi au Système D.

Selon le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), il y avait eu au 18 juillet dernier près de 15.000 morts liés au virus sur le continent, pour 700.000 cas et 369.000 rétablissements. Si ces chiffres sont à manier avec prudence, ils sont inférieurs à ceux comptabilisés en Europe. L’Afrique du sud et l’Egypte sont les pays les plus touchés.

Cette situation tiendrait aux modes de vie (moins de déplacements, plus d’activités en extérieur), à la jeunesse des populations et à un faible taux de pathologies aggravantes. D’autres raisons sont invoquées, comme l’expérience acquise par certains pays dans la lutte contre d’autres épidémies comme Ebola.

Pour contrer la montée du coronavirus, les populations ont rivalisé d’imagination. Elles ont ainsi réussi à combler certains manques des systèmes de santé, avec des innovations qui ont permis de produire de nouveaux outils (respirateurs, vêtement de protection) ou de mettre en place de nouveaux usages. 

Des outils à un coût abordable

Au Kenya, il a fallu moins de 3 jours à l’entreprise d’impression 3D Ultra Red Technologies pour finaliser un prototype de bandeau de protection qui, muni d’une feuille plastique constituait une visière. L’entreprise en a produit jusqu’à 500 par jour, le temps qu’un industriel plus important prenne le relais.

De leur côté, la Tunisie, la Côte d’Ivoire et le Maroc, se sont appuyés sur leurs filières textile pour produire des masques. 

Au Ghana, les universités de Kumasi et d’Accra ont mis au point un respirateur pour un prix inférieur à 1.000 euros, soit dix fois moins cher qu’une machine importée. La même prouesse a été réalisée à l’Université de Kenyatta à Nairobi, en relation avec des étudiants en ingénierie. Autant de respirateurs qui pourront aussi servir plus tard dans d’autres pathologies.


Dans la même veine, Mohamed Adawe, ingénieur et inventeur somalien de 21 ans a conçu un accessoire facilitant la réanimation cardio- respiratoire. 

De nouveaux usages

En Ethiopie, Ethio Telecom, qui compte plus de 60 millions d’abonnés, a eu la bonne idée de diffuser de brefs messages de prévention avant chaque appel de ses usagers. 

Au Ghana, le mauvais état du système routier avait conduit avant la crise une entreprise à utiliser des drones pour transporter du sang et des vaccins. Ce système a été étendu aux tests sur le Covid-19. Les échantillons prélevés dans les établissements de santé ruraux ont ainsi pu être envoyés aux laboratoires médicaux des deux plus grandes villes du pays en moins d'une heure. Cet outil a rendu possible un suivi en temps réel de la pandémie.

Au Rwanda, des robots humanoïdes capables de prendre la température et le rythme cardiaque des patients ont permis de réduire les interactions humaines dans les centres de traitement du coronavirus. 

L’Afrique supporte un quart de la charge de morbidité* mondiale, mais représente moins de 1 % des dépenses de santé et ne fabrique que 2 % des médicaments qu’elle consomme. La pandémie lui aura permis de montrer sa capacité d’adaptation.

*La charge de morbidité est un indicateur de santé, qui quantifie la perte de vies ou d'activité humaines pour cause de décès précoce, de maladie et d'incapacité.

Entretien avec le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des médecins

publiée le 11 mai 2020


Entretien 



La Médicale : Quelles ont été les priorités de l’Ordre face à cette situation épidémique inédite ?

Dr Patrick Bouet :  La première a été d’interpeller le gouvernement de façon constante sur les moyens de protection, les contaminations éventuelles, et la façon dont l’Etat entendait gérer la prise en charge de la sécurité des soignants. La deuxième concerne ce que vivent les médecins, qu’ils soient à l’hôpital ou en ville : la sécurité de leur activité et l’avenir de celle-ci. Les messages un peu contradictoires émis par le gouvernement au tout début de l’épidémie ont pu initialement laisser penser à la population qu’il n’y avait plus que le Covid-19 et que les autres problèmes de santé avaient été mis entre parenthèses. 

Et bien sûr, votre appel à la réserve sanitaire...

Dr Patrick Bouet :  En effet. La mobilisation de la réserve sanitaire a été une action précoce que nous avons menée avec les infirmiers. Nos deux Ordres se sont rassemblés avec Santé Publique France pour dire aux professionnels de santé qui avaient cessé leur activité : vous avez un moyen pour vous engager dans la lutte contre cette épidémie via la réserve sanitaire et vous porter volontaire pour assurer un certain nombre de missions. Cela a été un succès et grand élan de solidarité puisque plus de 14 000 médecins et infirmiers ont répondu à l’appel. 

Comment expliquer la désaffection actuelle des cabinets de médecine générale ?

Dr Patrick Bouet : Par ce que je qualifiais précédemment de messages contradictoires, pour lesquels l’Ordre a fait un recours devant le conseil d’Etat. Il faut que la capacité des personnes à se déplacer ou à être en contact avec leur médecin soit préservée, parce que, sans cela, nous allons avoir d’autres problèmes qui vont naître du fait de report d’opérations, de prises en charge et de retard au diagnostic. Une réalité sur laquelle nos collègues du monde hospitalier nous ont d’ailleurs alerté il y a maintenant plusieurs semaines. 

Cette crise a aussi donné lieu au développement de nouveaux modes de suivi des patients, Nicolas Revel annonçait plus d’un million de téléconsultations pour la première semaine du mois d’avril

Dr Patrick Bouet :  Certes. Et ce que je retiens dans ce que dit le directeur de l’Assurance Maladie, c’est que 85% de ces téléconsultations se sont faites entre le médecin traitant et le patient. Ce qui veut donc bien dire qu’aujourd’hui, même dans une situation où la téléconsultation a été utilisée de façon très importante, elle reste un outil entre le médecin traitant et son patient. 

A ce propos, comment voyez-vous le rôle du médecin traitant après le 11 mai, date annoncée de la première phase de déconfinement ?

Dr Patrick Bouet : Pour l’Ordre, cela fait partie des prérequis du déconfinement. Puisqu’on sait qu’on va remettre le virus en circulation du fait de la liberté redonnée à la population, cela veut bien dire qu’il va falloir être en capacité de dépister massivement et de détecter précocement. Ce qui signifie que nous serons dans une approche populationnelle, dans laquelle les médecins traitants ont un rôle fondamental à jouer.

En conclusion, qu’avons-nous appris de cette épidémie, surtout en cas d’une possible deuxième vague ?

Dr Patrick Bouet : Je pense que nous aurons appris qu’il faut gérer cette épidémie au plus près possible de la population. Et, avant tout, de façon coordonnée. Il y a véritablement toute une stratégie à mettre en œuvre : laisser l’hôpital s’investir dans sa capacité à gérer les complications liées au Covid-19, tandis qu’avec les équipes hospitalières, les centres 15, les médecins ambulatoires et les autres professions de santé, il faudra gérer la prise en charge de la population en proximité.

Propos recueillis par François Petty

Crédit photo : Conseil national de l'Ordre des médecins

Chiffre clé : 1 million

publiée le 20 avril 2020

Le boom des téléconsultations à l’heure du Covid-19


486 369 la semaine du 23 au 29 mars. Plus d'un million la première semaine d'avril... Ces chiffres records illustrent la croissance exponentielle que connaissent les téléconsultations depuis l’annonce du confinement. Ainsi, l’Assurance Maladie en comptabilisait moins de 10 000 par semaine jusqu’au début du mois de mars, puis 80 000 la semaine du 16 mars, première semaine de confinement. « Les téléconsultations constituent désormais plus de 11% de l’ensemble des consultations contre moins de 1% avant la crise », relevait le 31 mars l'Assurance Maladie.

Profil-type


Un développement inédit de la téléconsultation qui se traduit, logiquement, par une augmentation très forte du nombre de médecins qui la pratiquent. A l’arrivée, ce sont près de 29 000 médecins libéraux qui ont facturé au moins une téléconsultation. Ce qui, en termes de statistiques, représente « environ 1 médecin sur 3 contre moins d’1 sur 10 (7,6%) la semaine précédente. Pour la semaine du 23 mars, 44% de médecins généralistes ont effectué une téléconsultation contre 11% la semaine précédente », explique l’Assurance Maladie. Enfin, on relèvera que 81% de ces téléconsultations ont été réalisées par des médecins en tant que médecin traitant de leurs patients. 

Modalité pertinente de prise en charge


En conclusion, la Sécurité Sociale estime que « dans ces circonstances sanitaires sans précédent, la téléconsultation s’est ainsi installée auprès des médecins libéraux comme une modalité pertinente de prise en charge des patients, que ce soit pour l’orientation et le suivi des patients concernés par une forme non sévère du Covid-19 ou pour le suivi de patients souffrant d’autres pathologies, permettant ainsi de les protéger d’un risque de contamination dans le respect des consignes de confinement ». Et l’organisme rappelle que, « afin de faciliter le recours aux téléconsultations, par dérogation aux principes définis dans la convention médicale, l’ensemble des téléconsultations seront prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie obligatoire, à titre transitoire et exceptionnel jusqu’au 30 avril 2020 ».

Coronavirus : l’Agence du numérique en santé en renfort

publiée le 06 avril 2020

Petit récapitulatif. Le cap du basculement dans un financement de droit commun des actes de téléconsultation (TLC) intervient lors de l’accord conventionnel entre l’Assurance Maladie et les syndicats de médecins de septembre 2011. Résultat (pré-Covid-19) : la téléconsultation s’inscrit dans le respect du parcours de soins coordonné. En effet, le patient doit être connu du médecin depuis 12 mois et donner son consentement à la TLC.

Favoriser les échanges dématérialisés de données de santé

Mais depuis la crise du Conoravirus, les règles d’accès (actes remboursés tant pour les patients que pour les médecins) à la télémédecine ont été assouplies. Ainsi, selon l’Assurance Maladie, il n'est désormais plus nécessaire de passer par son médecin traitant et d’avoir eu une consultation « en présentiel physique » dans les 12 mois précédant la téléconsultation pour y avoir recours. Et les actes sont pris en charge à 100 % jusqu'à la fin du mois d'avril. 

C’est la raison pour laquelle, l’Agence du numérique en santé qui avait initié depuis plusieurs mois un travail relatif à la rédaction d’un volet de contenu pour la télémédecine a fait le choix de publier ce dernier à la fin du mois de mars. L’objectif ? « Favoriser les échanges dématérialisés de données de santé dans le cadre des actes de téléconsultations entre les médecins et leur patient, ainsi que pour les actes de téléexpertise entre deux médecins en lien avec un cas patient ». Ce volet de contenu est constitué de spécifications fonctionnelles et techniques et décrit deux modèles de documents (un document pour la téléconsultation et un document pour la téléexpertise). 

Interopérabilité : accélérer la mise en œuvre 

« Ce document a été publié en concertation publique dans le Cadre d’Interopérabilité des Systèmes d’information de Santé (CI-SIS) le 20 janvier 2020. Il se destine donc principalement aux éditeurs de logiciels santé », explique David Petauton, responsable de la communication de l’Agence numérique en santé. « En clair, il s’agit d’édicter des règles de fonctionnement du processus de cohérence et de partage des données de santé », développe-t-il. Et essayer ainsi, de contribuer à aider patients et professionnels de santé face à l’épidémie du Covid-19. Un combat numérique de taille. « Les enjeux liés au recours à la téléconsultation et à la téléexpertise dans la gestion de cette crise et de la prise en charge des patients, nous a conduit à publier plus tôt ce volet de contenu télémédecine », conclut l’Agence.  

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